Monsieur le Directeur,
Je suis étonné de constater le vocabulaire utilisé par certains de vos services, notamment sur la fameuse signalétique évoquée lors de notre entretien. En effet, on peut lire sur certaines portes de bureaux « attaché d’administration, chargé de la clientèle ».
Le terme de « clientèle » ne correspond absolument pas au service public. Pour ma part, il devrait même être banni en matière de santé !
En tout état de cause, je m’interroge : cette inscription aurait-elle un quelconque lien avec la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires, votée par l’UMP ?
Cette loi assèche en effet le service public et le mélange avec les activités médicales privées. Elle confie des missions de service public aux établissements de santé privés, supprime l’appellation de « service public hospitalier » (on ne parle plus que d’« établissements de santé ») et cherche à transformer l’hôpital public en entreprise de soins.
Je redoute que, pour être rentable, l’hôpital public soit contraint de sélectionner les pathologies et les patients et de diminuer le nombre de personnels : moins d’infirmières, moins d’aides soignantes, moins de médecins, moins de secrétaires, moins d’assistantes sociales…
Pour le Centre Hospitalier de Douai, établissement public, je suis très attaché à ce que l’on parle toujours d’usagers ou de patients, et non de « clients ». Les mots ont leur importance, vous en conviendrez. Je suis assez choqué par cette assertion et je vous demande donc de bien vouloir me fournir des explications.
Mon seul leitmotiv est de défendre l’hôpital public, lieu de formation des professions médicales et paramédicales, de l’innovation et des progrès thérapeutiques, qui offre à tous, sans discrimination, des soins de qualité.
Dans l’attente de vous lire,
Veuillez recevoir, Monsieur le Directeur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Jean-Jacques CANDELIER
Député du Nord



